• Ligue 2 : saison 2023/24

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Bordeaux, de plus en plus dans la mouise :
Ligue 2 : pourquoi les Girondins de Bordeaux sont condamnés à l’échec

LE TACLE DU LUNDI. Club historique du football français, les Marine et blanc n’arrivent pas à retrouver, avec Gérard Lopez, leur splendeur d’antan.

Avec l'AS Saint-Étienne, les Girondins de Bordeaux font figure de curiosité en Ligue 2, eux qui ont été tant habitués à l'élite pendant plusieurs décennies. Si les Verts retrouvent des couleurs cette saison et peuvent prétendre à la remontée, les Marine et blanc, eux, font la grise mine.

Et pourtant, ce déclassement est plus que justifié, tant le club aquitain a tout fait à l'envers depuis quelques années. De la vente des Girondins par M6 au rachat par Gérard Lopez, les dirigeants et les projets se sont enchaînés, sans que le football ne revienne sur le devant de la scène au Matmut Atlantique.

David Guion débarqué, à qui le tour ?

Après la descente catastrophique en 2022 avec 96 buts encaissés en Ligue 1 et la remontée loupée à la suite d'un scénario rocambolesque en 2023, les Girondins s'enlisent dans la crise avec un début de saison totalement raté. Certains pensaient que le mercato, rapidement ficelé avec l'arrivée de joueurs majeurs de Ligue 2 comme Weissbeck et Livolant, allait assurer aux Girondins une promenade de santé. Le bilan ? Trois victoires en dix matchs et une dynamique qui sonne le glas d'un David Guion incapable d'insuffler un nouveau souffle conquérant, attendu depuis un bon moment par les supporteurs.

Si Guion a ses torts comme le manque d'idées tactiques et l'absence de confiance envers les jeunes du centre de formation, qui ont bien plus les crocs que les supposés tauliers du dernier mercato, le mal est bien plus profond à Bordeaux que le simple coach. Difficile de ne pas mettre sur la table le sujet Gérard Lopez, connu pour être un funambule des finances, toujours capable de rebondir. Mais il ne faut pas mettre de côté qu'il a laissé le Losc dans une situation économique très précaire, qu'il a coulé le club du Royal Excel Mouscron en Belgique, et que certains salaires n'ont jamais été réglés à Boavista, dont il est toujours le dirigeant.

Un autre dirigeant sort du lot à force d'accumuler les erreurs de casting sur le marché des transferts : Admar Lopes. Le recruteur portugais, présenté comme le digne successeur de Luis Campos, est encore très loin de son mentor. Parmi ses bourdes, il a été coupable d'oublier son passeport avant d'aller boucler la venue, qui a donc capoté, d'un joueur dans les derniers instants du mercato. Bordeaux n'avait pas besoin d'une étourderie digne de Gaston Lagaffe… Sportivement, son bilan est plus que discutable, tant les joueurs se sont accumulés chez le club au scapulaire, sans grande réussite depuis deux ans.

Sans montée, le retour de la précarité

À Bordeaux, devant le fait accompli, Gérard Lopez a fini par renflouer les caisses l'été dernier en injectant 40 millions d'euros afin d'éviter un nouveau feuilleton avec la DNCG. Si cet effort est appréciable, il faut aussi penser aux actes derrière : peu présent au club, trop souvent aux abonnés absents lors des périodes délicates, le businessman semble diriger les Girondins comme une entreprise. Sauf qu'un club de football n'est pas une entreprise comme les autres et ce modèle de gestion est voué à l'échec si le dirigeant pas investi à 100 % au quotidien.

À ce stade de la saison, on ne va pas se mentir : on n'est pas optimiste pour les Girondins. Depuis 20 ans, seul Ajaccio a réussi à monter en Ligue 1 avec un total aussi faible de 11 points en 10 journées. C'était en 2011. Avec un train de vie et des salaires largement supérieurs à la moyenne du championnat, les Girondins risquent de tirer la langue en cas de troisième saison consécutive en Ligue 2. Et l'ombre de la relégation administrative pourrait de nouveau planer…
Si Bordeaux est en quête d'un énième sauveur potentiel sur son banc, il faudra bien tirer des conclusions de cette ère Gérard Lopez, qui va droit dans le mur. Certains aimeraient que les anciens comme Dugarry, Micoud ou Giresse mettent les mains dans le cambouis et s'investissent pour leur club de cœur. Difficile de leur en vouloir de ne pas venir : le bourbier actuel des Girondins a de quoi en repousser plus d'un, même chez les plus inconditionnels des Marine et blanc.
Source : Le Point
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