freddyl a écrit :dooby59 a écrit :Et pourquoi tu vois la gestion de l’exploitation du stade comme des frais supplémentaires ? Si t’as un stade qui génère des recettes annexes (Qui vont dans la poche un club) qui sont plus importantes que les charges, où est le problème ?
Le problème ici, est bien dans les "si" : comment tu arrives à Valenciennes à faire générer au stade suffisamment de recette annexe. On l'a vu la configuration spectacle a été interdite par exemple...
Dans les frais annexes, tu as par exemple l'entretien/réparation du stade, de la pelouse, etc...
Le SDH n’est pas conçu pour générer des recettes annexes : pas de restaurants dans les coursives, pas de stands culinaire innovants et diversifiés, pas d’hôtel, pas de possibilités d’organiser des concerts.
C’est peut être possible de corriger certains éléments mais il faudrait déjà que le stade soit officiellement géré par le club directement (La santé financière et le manque de compétences du club l’en empêche actuellement et Valenciennes Métropole ne souhaite pas lui donner de toutes façons).
La seule chose possible est si un investisseur souhaite racheter le club, à ce moment là, Valenciennes Métropole est prête à laisser la gestion... Le problème, c’est que le stade étant déficitaire, qui va vouloir s’embarquer dans un panier percé ?
Si tu veux que le SDH génère des revenus annexes, alors il faut corriger cela (Signature d’un contrat de naming tombant dans la poche du club (Mais pour cela, il faudrait l’aval de Valenciennes Métropole, ce qui n’est pas gagné)).
En plus, pour signer un contrat de naming, il faut rassurer le partenaire sur le modèle économique que tu veux mettre en place car des MMA qui se sont fait entuber sur des modèles économiques bancals comme au Mans, on en verra certainement moins/plus. Par contre, un Groupama va devoir se battre à Lyon pour rester vu que le modèle économique est bon et rejailli positivement sur le partenaire.
Ensuite, le maire peut prendre un arrêté prônant l’organisation de 5/6 concerts par an (L’investisseur peut négocier cette particularité et demander à l’inclure dans le contrat de gestion, pour ne pas se faire avoir).
L’investisseur peut très bien aménager les coursives pour y développer une vraie boutique, aménagements des stands friteries sur un autre modèle innovant et varié, construire un hôtel, d’un ou plusieurs restaurants, récupérer les espaces réceptions, etc.
Pour réaliser cela, il faudrait même signer un bail emphytéotique.
Franchement, Partouche avec son savoir faire dans le monde de l’évènementiel, son carnet d’adresses s’il récupérait la gestion pour organiser des concerts/événements, ça serait énorme, créer des restaurants complémentaires comme au Pasino, des animations pour attirer du monde, un contrat de naming, etc... Bref, créer tout une économie autour de l’équipement et pourquoi pas, même soyons fou, quelques machines à sous (Si la législation en vigueur venait à être assouplie).
Il n’y a que des lourds investissements qui pourront maximiser les recettes du stade, afin de compenser sa taille et les charges surdimensionnées.
freddyl a écrit :dooby59 a écrit :Si tu fais couler 20% de béton en moins, tu met 20% de sièges en moins, t’as 20% de toiture en moins donc de la main d’oeuvre en moins, tu diminues les coûts quand même.
Tu fais aussi un terrain 20% moins grand ? Je carricature, mais clairement je pense que le ratio n'est pas en rapport au nombre de place.
T’as forcément des coûts fixes, bien évidemment, comme le nombre de spots d’éclairage, etc... Mais tu as des coûts compressibles qui sont un choix de départ (Taille de l’équipement) et c’est là dessus où tu peux jouer sur le prix total (Nombre de stands friteries, nombre de WC, nombre de business seats, nombre d’entrees, en fonction du nombre de spectateurs que tu veux accueillir,
On a pas d’étude comparative entre un stade de 15 000 places et 25 000, avec le même niveau d’équipements à Valenciennes, donc difficile de pouvoir comparer avec des chiffres.
freddyl a écrit :dooby59 a écrit :(Fermeture totale des coursives pour améliorer le confort et installer des activités qui généreraient des revenus complémentaires (Restaurants, hôtel, meilleure concept de stands restauration, boutique, etc).
C'est là où j'en viens à ce que j'évoquais juste au dessus (les "si").
A Lyon, hostellerie, je peux comprendre que ça puisse être géographiquement un secteur intéressant. A Nice aussi. A Valenciennes... La boutique, ok, tu économises possiblement sont loyer, mais tu ne vendras pas nécessairement beaucoup plus qu'en l'ayant ailleurs. Au final, l'économie sur cette location, sachant que tu auras dû là encore payer sa construction est toute relative...
Pour que tout ça fonctionne, il faut que ça soit une forme de centre de vie. Si tu le fais à la place du cœur de ville, par exemple, je veux bien comprendre, mais ici tu viendrais en concurrence directe, du coup ça perd déjà l'intérêt de la chose...
Là tu es dans la culture du Valenciennois défaitiste qui ne croit pas en le potentiel de son club et de sa ville.
Pourquoi un hôtel serait plus intéressant géographiquement à Lyon ou à Nice, qu’à Valenciennes ?
Dans ce cas Xavier Lucas n’aurait jamais investi 70 millions d’euros à l’hopital général pour en faire un hôtel de luxe (Offre qui manquait à Valenciennes, pour attirer une clientèle d’affaires).
Et pourquoi au Havre, un hôtel dans le stade est possible, mais pas à Valenciennes ? Sommes-nous plus bêtes qu’eux ?
https://www.ouest-france.fr/sport/footb ... de-5973012
Pour la boutique, je suis bien d’accord avec toi. Son intérêt d’en avoir une dans le stade, réside dans le fait qu’elle fasse partie d’un centre de vie.
L’avantage par rapport au centre-ville, c’est que quand t’as une boutique au stade, les flux qui passent devant la boutique lors des matchs, c’est 8 000 clients potentiels en Ligue 2 et 15 000 en Ligue 1.
En centre-ville, il y a des supporters qui n’y vont jamais, alors que quand t’es supporter tu vas au stade.
Quand tu vois la désertification du centre-ville et la baisse continuelle des flux, est-ce toujours intéressant de garder une boutique en ville ? Je n’en suis pas si sûr.
Le Havre l’a compris aussi :
http://www.hac-foot.com/actualite/la-no ... ceane.html
freddyl a écrit :dooby59 a écrit :C’est comme ça que l’Angleterre ou l’Allemagne ont augmentés leurs revenus « Matchday ». On a juste 40 ans de retard là dessus sur eux et il faut donc accepter le fait qu’il faille partir sur des petits stades en France pour générer cela. Et c’est pareil pour tout les clubs qui ont construit un nouveau stade dimensionné aux affluences qu’ils génèrent. Ex : le nouveau stade de Gand.
En Angleterre, tu as des stades remplis jusqu'en 4ème ou 5ème division. Dans les 2 cas, le foot est historiquement bien plus populaire qu'en France. Difficile de se comparer à eux...
L’argument de la culture footballistique de ces pays est souvent ressortie pour dédouaner le retard du football français.
La vérité, c’est que l’Angleterre, comme l’Allemagne sont des pays historiquement libéraux qui ont compris l’intérêt de libéraliser leur football depuis de longues décennies.
En France, on en est encore un modèle socialo-communiste qui n’est plus adapté. Lyon a libéralisé son club depuis longtemps, on voient où ils en sont.
Tant que les collectivités publiques ne lâcheront pas les clubs, ils seront toujours dans le même état végétatif.
freddyl a écrit :dooby59 a écrit :Le public ne remplacera jamais un investisseur. Un investisseur investi 1€ pour que ça lui en rapporte 2. Le public investi en général pour une question de développement du territoire, d’image mais un stade reste un outil de business qui doit aider un club à grandir et non à le plomber. Là est la limite du modèle public.
On en vient à ce que je disais plus haut : Ces 2 que l'investisseur privé voudra récupérer, c'est alors bien 2 en moins dans le budget du club. Si on va dans ses proportions, ça veut dire que pour que le club soit gagnant, il ne faut donc pas générer 2, mais plus de 2...
C’est pas 2 en moins dans le club puisque l’investissement sert à lever des fonds pour créer de la croissance dans le club, mais oui, il faut générer plus que 2.
freddyl a écrit :dooby59 a écrit :Tu frustres une partie de spectateurs qui pourront se rabattre sur d’autres affiches, sans parler des affiches dites « plus accessibles » financièrement qui vont toucher encore une autre partie de la demande, qui ne peut pas se permettre de mettre des grosses sommes dans des grosses affiches. C’est un jeu d’équilibre.
Et à terme, ces spectacteurs frustrés, puisqu'on parle bien de spectacteurs, ils iront voir ailleurs...
C’est un risque chez une partie des spectateurs mais pas tous. Les entreprises qui jouent sur la rareté produit rendent aussi addict leur clientèle.
Quand Nike a vendu ses maillots de l’Equipe de France 2 étoiles, les gens n’ont pas été acheter un maillot de la Croatie finalement, si ?

Si les gens veulent un maillot de l’EDF, ils achèteront un maillot de l’EDF.
Si les gens veulent acheter le dernier Iphone en pénurie, ils achèteront le dernier IPhone en pénurie.
freddyl a écrit :dooby59 a écrit :Un crédit = investissement sur l’avenir car à un moment donné le bien t’appartient et tu es dispensé de la charge mensuelle (Les frais d’entretien et travaux restent à ta charge) mais si tu as la main sur la gestion complète du site, tu peux y développer des recettes annexes (Restaurants, boutiques, événements, etc), donc l’exemple sur 40 ans est mauvais puisque tout dépend ce que tu génères comme recettes.
Et ton crédit sur 40 ans, une fois qu'il est terminé, ton stade est alors possiblement vétuste, et tu dois réinvestir...
Sans ça ce qui fait qu'au moment où tu penses qu'il ne devrait plus générer que du positif, finalement il te fait perdre une partie des revenus potentiels.
Sauf que pendant que quand tu as souscrit dans ton crédit, tu es devenu propriétaire accédant de ton stade. L’objectif de ton investissement est de générer plus d’argent, de créer de la croissance pour générer toujours plus de croissance, dans la course à la compétitivité.
Cette croissance doit être investie tout au long de la vie de ton crédit, dans ton outil.
Est-ce que t’attends que ton crédit immobilier sur 25 ans se termine pour entretenir ta maison ?

Non, sinon, elle perd de sa valeur.
C’est pareil que pour un stade, sauf qu’une maison n’a pas l’objectif de créer de la croissance.
freddyl a écrit :dooby59 a écrit :Pourquoi ça aurait été pire ? Si dès le départ le projet avait été mûrement réfléchi ? On en seraient forcément pas là où on en est
Ca aurait été pire dans le sens où un organisme de crédit que tu ne rembourses pas va généralement te mettre beaucoup plus de pression qu'une ville ou agglo...
Est-ce que quand tu souscris un crédit, ton objectif est de ne pas payer la banque ?
Si tu pars dans ce genre de raisonnement, c’est que tu n’as rien préparé de sérieux dès le départ pour rembourser ta charge et que t’as une gestion désastreuse.
freddyl a écrit :dooby59 a écrit :Pourquoi les chances de réussites seraient bien supérieures à celles de Nîmes ? Le modèle de Nîmes est le même que celui de l’OL, c’est juste l’échelle qui change.
Pas juste l'échelle : Lyon a de bien meilleures garanties sportives de rester en L1. Lyon est une ville centrale (2ème ville de France), avec un bassin économique autrement plus grand qu'à Nimes. Y remplir des hôtels ou restaurants toute l'année y sera beaucoup plus simple.
Le fait que Lyon soit 2ème ville de France ou ait un bassin économique plus grand n’a rien à voir.
L’aléas sportif existe toujours.
Si Lyon loupe la LDC, ça fait beaucoup plus mal qu’une descente en Ligue 2 pour le Nîmes Olympique.
freddyl a écrit :Bref, pour moi, bien entendu, il y a des choses positives dans ce genre de montage. Mais, je pense qu'il ne faut pas les surestimés par rapport au reste de ce que ça implique, ou ignorer des coûts.
Comme j'ai dit, on verra à terme ce que ça donnera pour l'OL, je pense que ça devrait le faire.
Pour Nîmes, on verra aussi, mais je suis plus sceptique surtout en partant sur une enveloppe aussi grande (200M€). C'est con à dire, mais il se passe quoi si ils descendent la saison prochaine ou celle d'après ?
C’est pas une question de choix. Ça n’est pas la France qui dicte le modèle économique du football mondial. C’est l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne voir l’Italie.
Soit le football français s’adapte, soit il meurt.
L’enveloppe plus grande pour le Nîmes Olympique n’a rien à voir. 55 millions, c’est pour le stade, le reste c’est essentiellement de l’actif immobilier. Avant de lancer la construction, ils vont s’assurer qu’une part soit déjà vendue.
Pour la descente, c’est probablement une donnée que Assaf a intégrée, je suppose vu qu’un investisseur doit envisager tout les scénarios possibles pour pouvoir rebondir au plus vite.