Ancien proche d’Eddy Zdziech et ex-dirigeant bénévole, Stéphane Fugaldi témoigne
par Laurent Mazure
11 décembre 2020
Stéphane Fugaldi a le VAFC dans la peau. Son père en était d’ailleurs le capitaine. C’était à la fin des années 1970. Celui qui a toujours vibré pour les Rouges et Blancs a eu l’opportunité d’approcher de très près sa gouvernance. Entre 2015 et janvier 2019, il est tour à tour référent supporter (puis SLO), mais aussi proche du président Eddy Zdziech. Puis il est mis de côté. Ecarté. Aujourd’hui, alors que la situation financière valenciennoise inquiète toujours plus, il a décidé de prendre la parole. Dans l’optique de trouver une solution à une situation de blocage.
Stéphane, pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Mon père, jadis capitaine de VA, est devenu administrateur du club jusqu’à son décès. Dès lors, j’ai pris place auprès de Jean-Claude Brienne, qui était jusqu’à il y a peu président de l’Association. Cela est arrivé au moment de la descente de VA. Eddy Zdziech est arrivé, avec l’envie de remettre le territoire proche du club. Il fallait remettre les clubs partenaires autour de VA au sein de Valenciennes. Avec Jean-Pierre Tempet, nous étions en accord avec cette vision. J’avais aussi milité pour que l’on puisse organiser la grande journée des débutants. Les planètes étaient alignées en termes d’idées, de stratégie et de projet. Je suis devenu dirigeant de la SASP, toujours bénévolement.
« Du jour au lendemain, plus de son ni d’image »
Vous êtes aussi devenu référent supporter…
Eddy Zdziech me demandait d’être de plus en plus opérationnel, sans être payé. Je suis donc devenu SLO pendant deux ans. Puis, j’ai essayé d’apporter ma pierre à l’édifice dans le cadre du développement du Hainaut. J’ai aussi, pendant 3 ans et demi, effectué tous les déplacements de l’équipe première. Et puis, on sentait que cela stagnait au fil des saisons. Que cela s’envenimait avec les supporters, jusqu’à cette fameuse réunion de septembre 2018. Il y a eu des propos forts. Cela a engendré un tweet de Patrick Partouche, qui se déclarait candidat au rachat du club. Il est devenu un « ennemi ». Je trouvais cela malheureux. J’ai donc pu m’entretenir avec lui…
Ce qui marque le début de la fin de votre collaboration à VA…
Patrick Partouche m’a confirmé qu’il était en opposition avec Eddy Zdziech. J’ai trouvé l’absence d’union sacrée vraiment dommage. Effectivement, Eddy Zdziech a appris mes contacts avec Patrick Partouche. . Plus d’accréditation, plus d’accès au club. Même aujourd’hui, on se croise, il ne me dit plus bonjour. Après, je ne peux lui en vouloir. Je ne peux critiquer l’homme, car il m’a permis de faire tout ce que j’ai pu réaliser.
Dès lors, quel est votre rôle ?
Je reste actif. Je parviens à savoir ce qu’il se passe au club. Je constate malheureusement que nous sommes à un point de non-retour, car la mairie est devenue totalement opposée au club. L’ensemble des entreprises qui pourraient aider Valenciennes ne sont pas là. Beaucoup de personnes ont tourné le dos à la présidence. Du coup, cela te prive de sponsors et de recettes qui pourraient te permettre d’être plus à l’aise financièrement, plus ambitieux. C’est d’autant plus frustrant avec le formidable travail d’Olivier Guégan. S’il avait d’autres moyens, tu pourrais te retrouver largement plus haut, et en position de monter encore plus facilement.
Quel est votre avis sur la situation actuelle ?
Chacun campe sur ses positions. Eddy Zdziech, et j’en suis persuadé, ne vendra jamais le club. Il a sans doute l’ambition de voir son fils lui succéder. Il ne le cèdera que contraint et forcé. Du coup, on se prive de cette union sacrée et d’une pérennité financière.
Vous avez été mis de côté par Eddy Zdziech et ne semblez pas afficher une rancœur tenace à son égard, alors qu’il est de plus en plus critiqué…
Il a des qualités. Il a réussi dans les affaires, partant de rien. Il s’est fait tout seul et a un certain talent de négociateurs. Il est d’ailleurs l’un des seuls présidents à avoir réussi à vendre un joueur qui ne lui appartenait pas (Lebo Mothiba, Ndlr). Force est de constater, malgré tout, qu’il n’a pas réussi à entraîner tout le monde dans son sillage, à fédérer. Cela pénalise le club et ses ambitions. Par ailleurs, Eddy Zdziech se montre très… clivant. A partir du moment où tu n’es pas d’accord avec lui sur un sujet, cela devient difficile. Si beaucoup de monde lui ont tourné le dos, c’est probablement à cause de ce trait de caractère. Qui est sûrement le défaut des autodidactes. Il a donc les défauts de ses qualités.
Votre démarche veut rassembler, fédérer, afin de trouver le meilleur compromis…
Je n’ai pas forcément envie de dire qu’il doit partir. Cependant, tu te demandes simplement comment cela peut aller mieux. Tu te trouves dans une impasse.
Que pensez-vous de la volonté de Patrick Partouche de reprendre le club ?
Il y a cette fameuse clause, dont on ne connaît finalement pas les tenants et les aboutissants. Elle rencontre un désaccord qui devrait se finir devant les tribunaux. Cela sera du temps perdu qui ne sert pas le club. Je sens que Patrick Partouche veut y aller comme amoureux du club. C’est un Valenciennois. Il connaît très bien Laurent Degallaix (maire de Valenciennes, Ndlr). Il ne vient pas par intérêt pour faire de l’argent. Il aime le club et la ville. Patrick Partouche veut répondre à un appel d’union générale autour du club, et ramener la confiance des élus.
Faut-il bousculer un peu les choses ?
Il y a aujourd’hui des choses, au sein du club, qui sont en déliquescence. Je parle par exemple de l’association. C’est une coquille vide. Ses moyens sont inexistants. Et comme Eddy Zdziech ne trouve aucun soutien financier, le club fonctionne avec le minimum syndical. Ce n’est pas évident pour un club professionnel…
Source :
Ma Ligue2