RC Lens : « Un marqueur de désirabilité », Bollaert-Delelis célèbre trois ans de guichets fermés … et se pose des questions (1/4)Source : La Voix du Nord
Publié : 11 février 2025 à 06h35
Depuis mi-février 2022, Bollaert-Delelis ne désemplit plus. Face à Strasbourg, dimanche, il affichera guichets fermés pour la 61e fois consécutive en match officiel. Alors que le Racing se cherche des leviers pour se développer économiquement, sans se dénaturer, cette « performance », à ne surtout pas banaliser, suscite quelques questions.
C’était en plein cœur de l’hiver, à la sortie des dernières jauges réduites, en raison du Covid-19, celles qui ne manquent à personne. Dans une semaine à deux matchs (Bordeaux le 13 février et Lyon le 19), Lens entamait une période faste dans les tribunes, incontestablement la plus impressionnante de l’histoire du club depuis 1906 sur le plan arithmétique, et que peu de salariés du Racing pouvaient alors imaginer : plus de 60 matchs à guichets fermés. Si, en rencontres officielles (L1, Coupe de France, Ligue des champions, Ligue Europa, Ligue Europa Conférence), Lens atteindra le nombre de 61 dimanche, certains observateurs ne manquent pas d’y additionner quelques rencontres amicales (Inter Milan ou Leverkusen notamment). Sans compter l’impensable « sold out » affiché un soir de … match à l’extérieur, lorsque Lens s’était déplacé à Auxerre mais avait rempli Bollaert de supporters venus profiter de la diffusion de la rencontre sur écran géant.
Benjamin Parrot, directeur général délégué du Racing, parle d’un « engouement permanent, d’un repère de fidélité et de constance, d’un marqueur de désirabilité ». Si l’obtention de billets est devenue pour les non-abonnés une vraie aventure, ceux qui ont la chance de posséder un sésame annuel le considèrent comme « un sentiment d’exclusivité et un privilège », dixit celui qui était arrivé en 2021 en tant que responsable de la communication du club et qui a vu ses prérogatives être peu à peu élargies.
Dans un stade qui n’avait pas connu la L1 entre 2011 et 2020 (1), porté par l’impatience post-Covid, par le jeu proposé par Franck Haise et par ses résultats sportifs, Lens a vu son nombre d’abonnés passer de 20 700 en 2021-2022 à 29 000 la saison suivante. Un nombre qui n’a rien d’un hasard : l’une des volontés du club était d’atteindre 75 % d’abonnés sur la capacité du stade (38 223) afin de créer ce sentiment de rareté incitant les fans non abonnés à se ruer sur toutes les places disponibles, quelles que soient les affiches, pour qu’un Lens – Clermont se remplisse aussi vite qu’un Lens – Arsenal. Le pari est réussi.
29 000 abonnés, et du monde sur liste d’attente...
Le seuil de 29 000 était un objectif, il a également été source de discussions. À l’été 2023, certaines associations de supporters étaient montées au créneau pour stopper l’augmentation du nombre d’abonnés. L’idée était de conserver une part de places disponibles à la vente pour chaque match, afin de donner l’occasion à ceux ne pouvant pas se permettre – pour raisons économiques ou autres – de venir à Bollaert toute la saison, de pouvoir garder une chance d’y accéder. Devant la frénésie ambiante, une liste d’attente, pour les potentiels nouveaux abonnements, avait même été lancée. Elle a atteint près de 20 000 personnes. Un emballement populaire qui pose quelques questions, dont une centrale : Bollaert, de quoi est fait ton avenir ? Tout au long de la semaine, nous aborderons ces questionnements.
