Leakcim a écrit : ↑01 mai 2024, 15:48
Lens : abonnements un peu plus chers, quelles conséquences ?
Le Racing, qui joue son avant-dernier match à domicile ce vendredi (21 h) contre Lorient, a lancé sa campagne de réabonnement avec des tarifs en hausse de 4,9 % et la fin de la remise de 20 % pour les membres des associations de supporters. Les échanges ont parfois été vifs.
https://www.lavoixdunord.fr/1457624/art ... nsequences
Imaginer ceux qui voudront revenir chez nous quand ca repartira ...... et j'espère que chez nous dans un avenir , ca ne sera pas le cas aussi pour les prix
Augmenter les abonnements, le sujet est sensible dans un club attaché à son assise populaire. Cette saison, le RC Lens, qui compte 29 000 abonnés et pas loin de 20 000 fans sur liste d’attente, n’avait pas touché à ses prix alors que d’autres avaient monté les leurs malgré la diminution du nombre de matchs à domicile (17 avec le passage de la L1 de 20 à 18).
Mais pour 2024-2025, ce sera +4,9 %, une hausse presque mécanique, corrélée à l’indice INSEE de l’inflation pour 2023. « Ce n’est pas abusif. On défend le caractère juste de cette augmentation », explique le club. Le Racing a exposé ses arguments le 29 février au groupe « SLO », lieu d’échanges réguliers avec des représentants des supporters, en espérant un consensus avant de présenter sa campagne à l’ensemble des associations, à la Gaillette, le 24 avril.
Président des Musiciens du kop, Régis Cailliau résume le sentiment général : « En Marek, on passe à 226 €, un peu plus de 13 € le match, ce n’est pas excessif. » « On n’a pas le choix, on applique mais tout augmente, appuie Jean-Marie Hélie, à la tête de la section de Beuvry. Ça reste raisonnable. » Dans une fourchette comprise entre 10,80 € (niveaux 0 des Trannin et Delacourt) et 32,10 € (Lepagnot honneur niveau 3), près de la moitié des abonnés paieront moins de 13€.
52 associations, un cas unique
La fin de la remise de 20 % accordée de longue date aux associations, sur un nombre d’abonnements plafonné, a davantage fait tiquer. Le RCL l’admet, il a été bousculé par certaines. Mais il assure ne pas être guidé par l’appât du gain : « On veut regarder frontalement le sujet latent de la prolifération des associations alors que ce sont toujours les mêmes qui sont moteurs sur l’animation. La vie d’une association ne peut pas reposer que sur le seul motif économique de ces 20 %. »
Avec son patchwork de 52 associations affiliées, le Racing est en effet un cas unique en France. Président de la Fédération Lens United, qui en réunit 30, Norman Noisette est « en phase. Ça n’avait plus beaucoup de sens et ça avait des effets pervers. Des gens adhéraient uniquement pour cette remise sans être actifs. Les “assos” vont perdre des adhérents mais en étaient-ce vraiment quand on ne les voit qu’une fois dans l’année ? » Jean-Marie Hélie aurait aimé conserver au moins un avantage de 10 %, mais il ne devrait pas y perdre trop de forces. Parmi ses 200 adhérents, dont 140 abonnés, « beaucoup d’actifs. On a un groupe assez uni. Malgré tout, les gens vont prendre leur abonnement directement à la billetterie sans passer par nous, on n’aura plus de visibilité et moins de contacts humains. »
Chez les Musiciens du Kop en revanche, ça risque de coincer : « On a d’abord réagi négativement. On a 77 membres dont 40-45 participent activement à la vie de la section. Ceux-là seront aussi pénalisés et les autres n’auront plus d’intérêt à prendre une carte chez nous, craint Régis Cailliau. On fait un bus pour chaque match à Bollaert, ça coûte 400 €, il faut être 49-50 pour le payer. On peut avoir du mal à assumer la saison. »
Certaines petites sections pourraient aussi capoter. Norman Noisette tranche : « Si elles disparaissent uniquement à cause de ça, c’est qu’elles n’avaient pas beaucoup d’activités associatives… » Pour faire passer la pilule, le RC Lens réfléchit à flécher l’argent récupéré vers des projets en lien avec le supportérisme.
La dématérialisation fait tiquer
En raison de l’évolution des réglementations gouvernementales, et dans le cadre plus large de la « loi JO » du 19 mai 2023, le RC Lens supprime les supports physiques. La Ligue pousse aussi fortement dans ce sens, alors que la billetterie dématérialisée, nominative et infalsifiable dans les stades dont la capacité commerciale dépasse les 20 000 places devrait bientôt être obligatoire.
La mesure passe parfois mal : nombre de supporters sont attachés à leur carte. Certains sont en outre mal à l’aise avec la technologie. Le Racing, qui a dénombré 400 comptes sur 29 000 dépourvus d’adresse mail, a mis en place une équipe dédiée à la pédagogie. Mais la dématérialisation crée aussi un rapport individuel au club, beaucoup de sections qui conservaient les abonnements pour les redistribuer en cas d’absence craignent de devoir courir après désormais.