• Merci MONSIEUR Jean-Raymond Legrand

 #1079881  par chris59410
 
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Football (R1): «Le foot m’a beaucoup manqué», confie Jean-Raymond Legrand, de retour au Saint-Amand FC

Président du VAFC de 2011 à 2014, Jean-Raymond Legrand s’est éloigné du monde du sport après la descente du club. Mais la passion l’a rattrapé au Volley Club de Valenciennes, où il aide son fils Arnaud à la reconstruction, et depuis peu dans le football comme président délégué du Saint-Amand FC. Il explique son ambition et ne cache pas qu’il souhaite aussi se prouver des choses.

Vous êtes donc de retour dans le foot comme président délégué du Saint-Amand FC, qu’est-ce qui vous amène là ?

« On est venu me chercher, les gens de Saint-Amand m’ont appelé, j’ai réfléchi un moment et puis j’ai accepté car c’est un club amateur très bien structuré et qui mérite beaucoup plus que son niveau actuel. On ne m’a pas demandé d’argent mais je peux apporter mon expérience et peut-être attirer quelques joueurs grâce à mon nom. J’ai gardé beaucoup de contacts avec les présidents de L1 et L2 et pourquoi pas récupérer des joueurs qui ne peuvent pas passer pro et éviter qu’ils ne disparaissent dans la nature. »

Le changement doit être radical ente la L1 avec VA et le niveau R1 ?

« Sincèrement pas tant que ça. On revit les mêmes choses : l’adrénaline sur le terrain, l’atmosphère dans les vestiaires, encourager les joueurs, être là quand il faut même si je ne vais pas à tous les matchs. Et puis le challenge est intéressant à Saint-Amand. On veut ramener le club au niveau national avec l’ambition d’aller en National d’ici plusieurs années. Montons déjà en N3 et ensuite ça peut aller vite car le club est très bien structuré et les gens s’investissent. »

« Si Saint-Amand n’était pas venu me chercher, je serais sans doute allé voir moi-même. Car le foot m’a beaucoup manqué pendant ces nombreuses années »

Qu’avez-vous fait depuis 2014 et votre départ de la présidence du VAFC ?

« J’ai coupé officiellement avec le sport mais j’étais toujours accro devant ma télé à regarder les résultats Je ne me montrais pas ici ou là, l’idée c’était de m’effacer un peu. J’ai aussi donné un coup de main il y a trois ans aux Sables d’Olonne (R3) où j’ai une maison, mais j’étais loin, ce n’était pas évident. J’aide aussi mon fils au volley à Valenciennes où il est président. Mais si Saint-Amand n’était pas venu me chercher, je serais sans doute allé voir moi-même. Car le foot m’a beaucoup manqué pendant ces nombreuses années. Je n’ai gardé que les bons souvenirs à VA, ce n’était que du bonheur, avec le temps on ne garde que les bonnes choses. »

À Saint-Amand vous avez retrouvé plusieurs anciens Valenciennois : Pujol, Perquis, Da Silva…

« Ça m’a fait très plaisir de les revoir, de leur taper dans la main en sortant du vestiaire comme on pouvait le faire à l’époque. Mais ça a aussi été dur émotionnellement car ça m’a fait prendre conscience que j’ai perdu beaucoup d’années de bonheur dans le sport depuis 2014. »

« Je n’ai gardé que les bons souvenirs à VA, ce n’était que du bonheur, avec le temps on ne garde que les bonnes choses »

Quel lien gardez-vous avec le VAFC ?

« J’étais supporter avant d’être président et je le suis redevenu ensuite. Je regarde tous les matchs, je suis ça de très près mais je ne vais que très rarement au stade, je ne m’y sens pas forcément très à l’aise. Et je suis toujours actionnaire du club. »

Un actionnaire proche de l’actuel président Eddy Zdziech ?

« Non. Si vous trouvez des gens qui s’entendent bien avec le président tant mieux. Je constate comme tout le monde mais je ne cherche pas la guerre, il fait ce qui lui semble le mieux, je ne suis pas là pour mettre des bâtons dans les roues. Disons qu’à Saint-Amand, c’est très différent, les décisions sont collégiales, ce n’est pas une seule personne qui décide de tout. »


« Je ne veux juste pas mourir en laissant l’image de 2014. Je veux montrer et me montrer que je suis capable de faire de bonnes choses dans le sport »
Que vous reste-t-il de vos années de présidence au VAFC de 2011 à 2014 ?

« Beaucoup de bons souvenirs. Mais si je suis tombé en 2014 c’est que je n’ai pas pris les bonnes décisions, ni su bien m’entourer ou écouter les bonnes personnes. C’est comme ça, ça ne sert à rien de vivre dans le passé mais j’ai appris de mes erreurs. Si on pouvait remettre le volley au plus haut niveau et monter comme on le souhaite avec Saint-Amand, ça rétablirait ma situation. »

Donc il y a un peu de revanche dans votre démarche actuelle ?

« Non, pas du tout. Ou alors uniquement vis-à-vis de moi-même. Je ne veux juste pas mourir en laissant l’image de 2014. Je veux montrer et me montrer que je suis capable de faire de bonnes choses dans le sport. Si on mène les deux projets à bien alors la boucle sera bouclée. »
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 #1083815  par lubanski
 
Pendant ce temps là, voir JRL qui prend la présidence de Saint Amand avec la volonté de rattraper le VAFC…
Là encore une belle preuve de sa méconnaissance du football…
Quoique avec ce fou d’EZ tout reste possible !
 #1083820  par alVAro
 
J'en ai discuté avec lui. À l'origine, c'est un intérim. Et l'objectif est la Nationale 3 (pas passé loin cette saison).

Alors il s'est peut-être pris au jeu comme ça a été le cas avec le Volley... Mais des objectifs comme ceux que tu annonces doivent aussi être pris pour ce qu'ils sont en réalité : une boutade avant tout.
 #1084126  par alacon
 
lubanski a écrit : 18 juin 2022, 23:53 Pendant ce temps là, voir JRL qui prend la présidence de Saint Amand avec la volonté de rattraper le VAFC…
En fait c'est l'inverse qui va arriver : c'est le VA du Z qui va bientôt rejoindre le Saint-Amand de JRL
Une montée pour le SAFC en fin de saison et pour VA une rétrogradation sportive avec liquidation pour repartir en National 3 et le tour est joué !
 #1084618  par hug
 
lubanski a écrit : 13 juil. 2022, 11:05 Ce lundi, il y avait un article sur JRL dans la VDS magazine. Quelqu’un peut-il faire un résumé ou publier l’article ?
La scène avait eu son petit moment de gloire. Pas un buzz dans ce qu’il sous-entend aujourd’hui lorsque le moindre moment qui sort de l’ordinaire circule en boucle sur tout ce qu’internet compte comme réseaux sociaux, mais quiconque suivait le football français il y a dix ans n’avait pu y échapper.
On est en septembre 2013 et le PSG alors au début de l’ère des Qataris vient de s’imposer au stade du Hainaut (0-1) mais quelque chose ne plaît pas à Zlatan Ibrahimovic. Comme il en avait parfois la fâcheuse habitude lorsqu’il évoluait à Paris, le Suédois regagne les vestiaires en maudissant la terre entière jusqu’à ce que quelqu’un se mette en travers de son chemin. Trente centimètres plus bas, c’est Jean-Raymond Legrand, alors président du VAFC, qui vient au contact du quasi double-mètre de l’attaquant parisien. Lequel le toise en retour de toute sa condescendance sous l’œil des caméras. « Il ne savait pas qui j’étais et je pense qu’il s’en foutait royalement. Je ne sais pas pourquoi mais il était très énervé, il hurlait contre VA. Je n’aime pas les gens qui s’y croient et roulent des mécaniques donc je me suis dit que j’allais le calmer un peu et je me suis approché. On s’est frotté puis il a continué sa route en râlant. Ça l’a encore plus énervé car il a balancé son brassard de capitaine que j’ai récupéré derrière. Je l’ai offert à mon petit-fils qui doit toujours l’avoir d’ailleurs. » La scène racontée aujourd’hui avec malice par l’ancien président valenciennois dit beaucoup de choses du destin de celui qui fut catapulté président de VA de 2011 à 2014 alors qu’il en était un fervent supporter. Trois années faites de haut et de bas ponctuées par une descente en Ligue 2 et un sauvetage in extremis du club sur le plan financier, durant lesquelles il n’a jamais abandonné une authenticité qui détonnait dans un milieu qu’il découvrait. Trois années, aussi, qu’il n’était pas préparé à vivre malgré un amour sincère pour le VAFC.
Le resquilleur
de Nungesser
Car avant de bomber le torse face à Zlatan dans le tunnel ou de s’asseoir dans la corbeille présidentielle, le bonhomme né il y a 65 ans à Valenciennes a longtemps dû trouver d’autres moyens pour voir jouer son équipe favorite. Quitte à resquiller un peu pour entrer à Nungesser. « Jusque 14-15 ans, je ne pouvais pas me payer de place donc on longeait la voie de chemin de fer puis on passait en dessous des plaques qui entouraient l’accès au stade. Sinon je m’arrangeais toujours pour arriver à la mi-temps quand c’était gratuit pour entrer, se souvient JRL qui vit alors à une dizaine de kilomètres de l’antre de VA mais passe les jours de matchs chez une tante dont la maison est voisine du stade. Et la finalité de ces journées-là était de savoir comment on allait faire pour voir le match. J’ai toujours été supporteur de Valenciennes. »
S’il a rapidement eu de quoi entrer honnêtement à Nungesser, c’est que Jean-Raymond Legrand a vite été mis à l’ouvrage et s’est endurci le cuir dans les industries du territoire qui l’a vu naître. Apprenti coupeur de verre dans une miroiterie dès 16 ans, il passe ensuite le permis poids-lourds, devient chauffeur de camion-poubelle et gravit les échelons dans le milieu des déchets. Directeur d’agence, il passe cinq ans à Liège pour lancer une filiale en Belgique avant de revenir, toujours au sein du groupe Suez, à Lourches, où il va faire la rencontre qui a chamboulé son existence. « Un jour, un client me dit : Je vais céder mon entreprise et c’est vous qui allez la reprendre . J’ai réfléchi car j’étais quand même sur une belle progression chez Suez, se souvient Jean-Raymond Legrand. Mais il m’a aidé financièrement à reprendre son activité de recyclage de ferraille. On faisait 12 millions de francs de chiffre d’affaires quand je suis arrivé et 45 millions d’euros quand je l’ai quittée. M. Royer, qui est décédé en 2006, a été mon père spirituel. On a beaucoup et très bien travaillé ensemble. C’est ce qui m’a permis de faire ma vie et de gagner de l’argent. Je n’oublierai jamais ce qu’il a fait pour ma famille et moi. Je lui disais souvent que j’ai eu de la chance de le rencontrer . »
Le duo profite aussi de la hausse du cours de l’acier et lorsque la société est revendue en 2011, JRL a les reins assez solides pour venir en aide à son club de toujours et prendre un nouveau virage dans sa vie : celui qui le mène à la présidence du VAFC.
Un ticket d’entrée
à 5 millions d’euros
Le changement de statut a en fait été amorcé un an plus tôt. En 2010, après une décennie de succès sportif au basket avec l’USVO puis de redressement du VAFC remonté en Ligue 1 en 2006, Francis Decourrière décide de passer la main. Le club a aussi besoin d’argent et Jean-Raymond Legrand, qui est alors un partenaire minoritaire du club, passe à la vitesse supérieure en injectant 5 millions d’euros. « Jusque-là, j’étais juste l’industriel local qui peut se permettre d’investir un peu dans son club préféré. Mais si je ne les mets pas, le club tombe en CFA. Et moi j’étais toujours supporteur, j’allais à tous les matchs, j’avais les maillots des joueurs… »
Le deal est le suivant : Francis Decourrière assure encore un an de présidence et Jean-Raymond Legrand doit prendre sa suite après avoir découvert les arcanes d’un univers qu’il ne connaissait pas le moins du monde. Jamais dirigeant d’un petit club, JRL a pour lui son chéquier et son amour du VAFC ainsi qu’une présence assidue dans les tribunes au moment où il est propulsé président à la faveur de son investissement salvateur. Logiquement, les premiers instants sont idylliques pour celui qui, gamin, devait frauder pour entrer à Nungesser. « Être président n’a jamais fait partie de mes plans mais c’était quand même attirant pour quelqu’un qui était un simple supporteur. C’était même extraordinaire de devenir patron d’un club de Ligue 1. » D’autant que la mariée est plutôt attirante à l’époque : VA entame une sixième saison d’affilée dans l’élite et prend possession d’un stade du Hainaut flambant neuf inauguré le 26 juillet 2011, deux jours avant l’entrée en fonction de Jean-Raymond Legrand. Pour un passage de témoin, on fait difficilement mieux. « Symboliquement, c’était parfait, avec la fin de Nungesser, confirme un proche du club à l’époque. C’était un gars du coin qui a de l’argent et aide le club, amené par Francis Decourrière en plus. Quand Jean-Raymond Legrand arrive, il est sur un piédestal. Même si passer après Decourrière qui a transformé en or tout ce qu’il a touché, ça peut être risqué… »
D’autant plus que les deux hommes ne vont jamais vraiment réussir à travailler ensemble, Francis Decourrière goûtant assez peu la volonté trop marquée de son successeur de vouloir tuer le père quitte à effacer toutes traces de son empreinte au sein du club, quand Jean-Raymond Legrand reproche à celui qui lui a mis le pied à l’étrier, et dont l’influence sur tout ce qui se passe à Valenciennes n’est plus à démontrer, d’agir en sous-main pour garder le contrôle du club. Onze ans après, ni l’un ni l’autre n’ont souhaité revenir sur cette transition ratée, Jean-Raymond Legrand assumant tout de même sa façon de faire : « Quand on est actionnaire majoritaire et qu’on a mis de l’argent, j’estime qu’on a le droit de décider. »
Opération
porte-ouverte
Le nouveau patron découvre donc un milieu qu’il voyait jusqu’ici de loin. Et de ses relations avec les médias en passant par les discussions avec les agents jusqu’à la gestion quotidienne d’un groupe de joueurs pros, Jean-Raymond Legrand fait à sa manière : « Simple, entier, très humain mais aussi influençable et avec un besoin d’être dans la lumière », résume un ancien salarié du club qui l’a vu arriver. « J’ai complètement découvert ce milieu, confirme Jean-Raymond Legrand. Maintenant je suis rodé mais c’est surprenant quand on n’y connaît rien avec les journalistes. Dès qu’on fait un truc on a les caméras sur nous, dès qu’on parle il y a un article derrière. Il fallait faire attention ce que je n’ai pas su faire en tant que jeune président. Ce qui me plaisait, c’était qu’on parle de Valenciennes. Alors j’aimais bien raconter pour mettre le club en avant et changer un peu. Mais avec le recul, ce n’était pas la bonne formule. »
La méthode JRL c’est donc un vrai bonheur de journaliste dans un milieu du foot pro pas encore aussi claquemuré qu’aujourd’hui mais qui avait déjà tendance à se replier sur lui-même. Dans n’importe quelle rédaction, venir à Valenciennes était l’assurance d’avoir accès aux joueurs pour des entretiens en plus des traditionnelles conférences de presse d’avant match. Sans parler d’un président pas loin d’être joignable 24h/24. « Je voulais que ça soit convivial car je suis comme ça, ce n’est pas une posture. Mon but était de faire plaisir », insiste l’ancien président qui indique avoir toujours de nombreux contacts parmi les journalistes côtoyés à l’époque. Notamment celui de Pierre Menes qu’il n’hésitait jamais à joindre lorsqu’il faisait la pluie et le beau temps à la grande époque du Canal Football Club. « Je l’appelais surtout la dernière année quand on avait de mauvais résultats. Je lui disais : Ne dis pas de connerie, n’y va pas trop fort . Mais il ne m’a pas toujours écouté… »
Cette manière de faire bien à lui, cette proximité revendiquée et qui détonne dans le milieu, Jean-Raymond Legrand l’exporte aussi avec ses joueurs et assume de n’avoir pas totalement enlevé son maillot de supporter au moment d’enfiler le costume de président. « J’étais proche d’eux, j’étais le papa de tout le monde. On m’appelait JR ou Jean-Raymond, pas président. Je n’aime pas les titres. En fait, j’étais plutôt le pote que le président et j’aurais sans doute dû mettre plus de distance mais eux ils aimaient ça et moi aussi. Même si pour réclamer une double prime ils savaient très bien m’appeler président », raconte-t-il aujourd’hui en embrayant sur le plaisir qu’il a eu à retrouver quelques-uns de ses anciens joueurs (Pujol, Da Silva) en arrivant à Saint-Amand (R1). « Ce n’était pas quelqu’un du système, il n’avait pas les codes. Il ne mettait aucune barrière avec les joueurs. On était au début des smartphone et il pouvait venir en voir certains et dire : T’as vu, j’ai acheté le dernier téléphone . Pour quelqu’un comme Anthony Le Tallec passé par Liverpool c’était vraiment un autre monde. Mais je pense vraiment que les joueurs aimaient ça, illustre un témoin de l’époque. En fait, son modèle c’était Louis Nicollin, à la différence que Nicollin a grandi avec son club quand lui est arrivé tout de suite tout en haut et n’a pas toujours été bien conseillé. Certains en ont profité. »
Le fiasco Aboubakar
Jean-Raymond Legrand ne s’en cache pas : pendant ses trois années de présidence, il n’a pas fait que des bons choix : « Je n’ai pas choisi ni écouté les bonnes personnes. Si c’était à refaire, il y aurait des choses bien différentes », promet-il aujourd’hui. De l’avis général, ce qui symbolise le plus un entourage mal intentionné ou pas au niveau, c’est la gestion du cas Vincent Aboubakar. L’attaquant camerounais, déniché en 2010 par Henri Zambelli, le responsable du recrutement de l’époque, est parti libre à Lorient en 2013 avant d’être transféré un an plus tard à Porto pour 13 millions d’euros. « J’ai trop écouté, plaide aujourd’hui JRL dont la sortie en interne à l’époque (« J’aurais payé pour qu’il s’en aille ») a pourtant marqué les esprits. Je le laisse partir par dépit, en me disant que je fais une connerie alors qu’on a négocié une prolongation. Mais je sais aussi qu’il va coûter au club s’il reste car il ne jouera pas. Alors qu’en fait, quand on voit combien Lorient l’a revendu, c’est peut-être lui qui peut sauver le club… »
La langue bien pendue de Jean-Raymond Legrand lui joue aussi des tours début 2014 quand Lens cherche un refuge pour la saison suivante pendant la rénovation du stade Bollaert. Lille et Valenciennes sont sondés et ni Michel Seydoux ni Jean-Raymond Legrand ne débordent d’enthousiasme à l’idée d’accueillir le voisin artésien pendant toute une saison. Puis le second se lâche : « Valenciennes n’est pas la poubelle du Nord Pas-de-Calais », balance-t-il dans le quotidien 20 Minutes. Depuis, ce n’est plus vraiment le grand amour entre Lensois et Valenciennois. « J’assume la décision mais je n’aurais pas dû dire ça, c’était une mauvaise parole », admet l’ancien président qui ajoute encore la venue avortée de Valère Germain, OK pour être prêté à VA par Monaco, au rayon des choses qu’il ferait autrement. « D’expérience, le président décide et le coach prend ce qu’on lui donne », assure-t-il désormais avec la conviction de celui qui ne se fera pas avoir deux fois.
Malgré les moments compliqués et l’épilogue difficile, Jean-Raymond Legrand, huit ans après la fin de son aventure présidentielle, conserve un tas de bons souvenirs au moment de se rejouer le film. « J’ai même passé des moments incroyables, c’est ce que je retiens car on ne peut pas revenir en arrière. » Au panthéon de ses souvenirs, la victoire éclatante en octobre 2012 contre Marseille, ce qui n’est jamais anodin à Valenciennes, figure tout en haut. « On gagne 4-1, sous un grand soleil, le stade est plein. Ce n’était que du bonheur de voir les gens heureux. C’est d’ailleurs ce qui m’a toujours poussé : faire plaisir aux gens qui venaient au stade . »
Gil, « le début de la misère »
Quitte à se ronger les sangs pas peur de décevoir ; alors chaque match n’est pas loin d’être une souffrance pour un président passionné comme il pouvait l’être. « Les jours de matchs j’étais un malade mental et je m’en excuse encore auprès de ma famille, explique-t-il aujourd’hui. La nuit d’avant, je ne dormais pas. J’arrivais vers 13 heures au stade et je restais seul dans mon bureau puis je voyais les gens arriver peu à peu. Je savais que quand untel était là c’est qu’il était telle heure… Puis peu à peu, je rentrais dans mon match, j’allais accueillir le président adverse. Quand on gagnait c’était formidable mais quand on perdait, c’était vraiment compliqué. » Si les deux premières saisons, bouclées en 12 e et 11 e positions, sont réussies, la troisième de l’ère Legrand est un calvaire marqué par une 19 e place et un retour en Ligue 2 en 2014.
L’ancien patron du club situe pourtant « le début de la misère » à l’aube de l’année 2013, lorsque le défenseur brésilien Gil décide de ne pas revenir au club après la trêve hivernale. Bien qu’il soit sous contrat, le VAFC finira pas être contraint de trouver un arrangement avec le joueur pour le libérer sans perdre trop d’argent. « Il nous a claqué dans les pattes et il m’a baladé alors qu’on a fait beaucoup pour lui. Ma femme faisait même ses lessives quand il n’avait pas encore de logement, se souvient JRL. Il était très bon, le meilleur défenseur de Ligue 1 selon moi à l’époque, avec une forte valeur marchande, mais il n’a jamais voulu revenir. J’en ai passé des nuits sur cette histoire… »
Du sel dans la surface
Les moments d’insomnie sont devenus encore plus nombreux en 2013-2014, lorsque les résultats sportifs décevants se sont télescopés avec des finances dans le dur et un président qui ne pouvait plus combler le déficit structurel. « J’avais prévenu que je ne voulais plus remettre mais personne ne m’a écouté, raconte l’ancien patron. Comme en plus on n’a pas réussi à se maintenir, c’est devenu très compliqué. »
« Ce qu’on peut lui reprocher c’est de ne pas avoir anticipé une descente, recadre un supporteur de longue date. Mais personne ne lui en a voulu car il était très passionné, sans doute un peu trop, et très proche des supporters. Il a aussi eu le mérite de se battre jusqu’au bout pour sauver le club en y mettant beaucoup d’argent. » Parfois, aussi, en misant sur l’irrationnel comme lors d’un match à Bordeaux où les caméras le filment en train de verser du sel dans les surfaces de réparation pour conjurer le sort d’une équipe en panne d’efficacité depuis plusieurs matchs. « Une connerie, en sourit aujourd’hui Jean-Raymond Legrand. Ça m’a pris à l’hôtel avant le match, c’est un truc de famille qui dit que quand il y a un mauvais sort il suffit de mettre un peu de sel pour qu’il s’en aille. Je me suis dit : Comme il n’y a rien qui va, autant essayer . Je n’avais pas vu les caméras et puis évidemment on a perdu sans marquer de buts. » « C’est risible, bien sûr, mais qui peut faire ça à part un vrai passionné, questionne un témoin de l’époque. JR aurait fait n’importe quoi pour sauver le club et les supporters le savaient même s’il a fait beaucoup de mauvais choix. D’ailleurs regardez : il est président d’un club qui descend en Ligue 2 et frôle le dépôt de bilan, n’importe qui aurait terminé avec du goudron et des plumes sur la place d’Armes alors que lui a été célébré quand le sauvetage a été prononcé en juillet 2014 . »
Avant cela, il y a eu un ultime match à domicile en Ligue 1 contre Monaco (1-2). VA est déjà relégué et les caméras filment un Jean-Raymond Legrand à la mine sombre en tribune lorsque son portable sonne : c’est Loulou Nicollin. « Arrête de faire la gueule, souris. J’ai connu ça plusieurs fois dans ma vie, tu vas t’en sortir », lui lance l’ancien président de Montpellier. « Merci de ton appel Loulou, ça me fait plaisir mais c’est compliqué quand même », réplique JRL, qui sait que les semaines à venir vont être très difficiles pour éviter la catastrophe. Et comme un ultime coup du sort, Valère Germain venait même d’ouvrir le score.
«Jusque 14-15 ans, je ne pouvais pas me payer de place donc on longeait la voie de chemin de fer puis on passait en dessous des plaques qui entouraient l’accès au stade.»
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 #1084620  par alVAro
 
il est président d’un club qui descend en Ligue 2 et frôle le dépôt de bilan, n’importe qui aurait terminé avec du goudron et des plumes sur la place d’Armes
Alors celle-là, j'aimerais bien savoir qui l'a dite, parce que je suis franchement mort de rire :
1 d'abord JRL est le mec qui a mis le plus de tunes dans VA dans toute l'histoire de notre club. Donc ce n'est pas n'importe qui.
2 j'attends le goudron et les plumes pour Zgeg... lui qui nous fait frôler le dépôt de bilan toutes les saisons depuis 8 ans, et ne se sauve qu'en bradant notre actif sportif

Sinon, pour le dossier Aboubakar, pour Valère Germain et aussi pour ne pas avoir voulu faire venir Waris libre en début de saison 2013-2014, Daniel Sanchez va te faire enculer.
Et merci Zambelli pour Daniel Sanchez aussi.
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 #1084624  par LEONIDAS
 
alVAro a écrit : 13 juil. 2022, 13:30
il est président d’un club qui descend en Ligue 2 et frôle le dépôt de bilan, n’importe qui aurait terminé avec du goudron et des plumes sur la place d’Armes
Alors celle-là, j'aimerais bien savoir qui l'a dite, parce que je suis franchement mort de rire :
1 d'abord JRL est le mec qui a mis le plus de tunes dans VA dans toute l'histoire de notre club. Donc ce n'est pas n'importe qui.
2 j'attends le goudron et les plumes pour Zgeg... lui qui nous fait frôler le dépôt de bilan toutes les saisons depuis 8 ans, et ne se sauve qu'en bradant notre actif sportif

Sinon, pour le dossier Aboubakar, pour Valère Germain et aussi pour ne pas avoir voulu faire venir Waris libre en début de saison 2013-2014, Daniel Sanchez va te faire enculer.
Et merci Zambelli pour Daniel Sanchez aussi.
Tu le croiras si tu veux, cet AM je suis allé au mont houy et bien je suis tombé sur un mec qui défend zdziech et accuse JRL de tous les maux; incroyable ,non????
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 #1084625  par cambronne
 
Il y en plus que tu le croies...
Certains ont tellement été loin dans la jrlphobie qu'ils ne peuvent pas revenir en arrière ...
Défendre EZ... Faut vraiment être motivé...
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